La publication du réseau CCCA-BTP "Apprentissage BTP" de janvier 2008 nous fait l'honneur d'un article sur le métier de Staffeur Ornemaniste.
«Nous sommes le seul établissement en France à préparer le CAP Staffeur ornemaniste par alternance. Nous recrutons sur l'ensemble du territoire. C'est un métier du bâtiment particulier qui exige un bagage culturel, artistique et historique. Ainsi, nous attirons des jeunes qui disposent souvent d'un niveau scolaire assez avancé. Nous avons vraiment la volonté de féminiser cette spécialité et travaillons à convaincre les employeurs d'embaucher des filles, ce qui n'est pas toujours facile », explique Pierre Gomez, adjoint de direction au CFA-BTP de Brétigny-sur-Orge. « Staffeur ornemaniste, je n'en avais jamais entendu parlé auparavant ! », s'amuse Béatrice Bial. Venue, fin août, au CFA-BTP de Brétigny-sur-Orge se renseigner pour une réorientation, cette jeune femme, titulaire d'un bac +2, sait clairement une chose: les métiers de la restauration et de l'hôtellerie ne correspondent pas à sa conception du service. « J'aime prendre le temps avec la clientèle pour bien la servir. Les employeurs et parfois même les clients n'y sont pas très sensibles. » En surfant sur internet, elle découvre l’univers des corniches, des rosaces et des pilastres. Le déclic se produit. Moins d'une semaine après sa visite au CFA, elle se trouve dans l'atelier de Lionel Brossas à Saran, au nord d'Orléans, et l'observe manier la filasse et le plâtre fin: « M. Brossas était en train de staffer, j’avais un regard d’enfant de 5 ans. J’étais émerveillée. Je lui ai posé des questions, il m’a mise à l’aise, mais il m’a aussi prévenue sur les conditions de travail. Le courant est passé »
Ardeur au travail
C'est la seconde fois que Lionel Brossas décide d'embaucher une apprentie, après des expériences multiples avec des apprentis. Pour lui, pas du tout de différence, seule l'ardeur au travail compte: « Je leur dis toujours que je cherche quelqu'un de vraiment courageux, quelqu'un pour me donner la main, pas quelqu'un qu'il faut attendre. La précédente fille était pleine de courage, alors pourquoi pas une seconde ? Et puis, elles sont peut-être plus minutieuses. »
La manipulation des pièces de staff, surtout quand le plâtre est encore gorgé d'eau, exige beaucoup d'adresse et pas mal de force. « Une corniche pèse de trente à quarante kilos. Il y a des astuces pour ne pas se faire mal et ne pas casser les pièces que j'enseigne aux apprentis», rassure Lionel Brossas. En quelques semaines, Béatrice se flatte d'avoir pris quatre kilos, « Que du muscle ! Je suis un petit gabarit et mes bras ont doublé de volume.» Comme quoi, quand la tête a décidé, le corps s'adapte.
Le CFA-BTP de Brétigny-sur-Orge dispose de places pour cette spécialité du bâtiment à forte valeur ajoutée artistique.